Magritte : Ceci n’est pas une pipe
Le week-end dernier, j’ai vu Inception donc… et comme tout le monde en rentrant chez moi je me suis rué sur Internet pour découvrir les théories. Au fil de mes lectures ça m’est apparu comme le nez au milieu de la figure : On s’en fiche de savoir à quel moment on est dans le rêve ou la réalité ! Alors qu’en sortant de la salle je pestait contre cette fin qui me paraissait facile, elle a finalement pris tout son sens à mes yeux.
Le film de Nolan ne s’appelle pas Mise en Abyme ni même encore Dreams, mais Inception. Les premiers mots de Cobb, le personnage principal, y font d’ailleurs référence :
What is the most resilient parasite? Bacteria? A virus? An intestinal worm? An idea. Resilient… highly contagious. Once an idea has taken hold of the brain it’s almost impossible to eradicate. An idea that is fully formed - fully understood - that sticksright in there somewhere.
Inception n’est qu’histoire de manipulation et de faux-semblant entre réalité et fiction. Nolan nous mène en bateau à tout les niveaux et s’amuse à brouiller les pistes.
Le rêve dans le rêve et la mise en abîme
Dès l’introduction Nolan nous expose son plan en guise diversion : on va avoir plusieurs niveaux de rêves. Et puis il y a cette mise en abyme visuelle, sous le métro parisien lorsque Ellen Page met 2 miroirs face à face.
Enfin, il y l’ultime miroir formé par l’écran de cinéma : on vit littéralement l’Inception à laquelle on assiste à l’écran.
Inception
Durant tout le film, Nolan nous implante l’idée selon laquelle le totem de Cobb est la toupie. La première fois, on voit Cobb utiliser la toupie avec un flingue à la main : Si la toupie vacille indéfiniment, Cobb se tirera une balle dans la tête et sortira de son rêve.
En une scène et 2 ou 3 trois dialogues, on assimile l’idée que la toupille est l’élément qui va nous permettre de déterminer si on se trouve dans un rêve ou non. En concluant sur cette toupie Nolan va semer le doute en nous, car au fond on VEUT savoir si Cobb va pouvoir découvrir le visage de ces enfants (une autre idée assimilée).
Problème : la toupie n’est pas le totem de Cobb.
Conclusion : On s’en fiche de savoir si la toupille vacille.
24 mensonges par secondes
Brian De Palma a déclaré que le cinéma c’est 24 fois le mensonge par seconde, j’aime rapprocher ces mots de De Palma à la pipe de Magritte car on touche au même thème : La représentation de la réalité n’est pas la réalité. En une phrase et un dessin Magritte a tout résumé, toute le beauté du cinéma se retrouve là… Nous faire avaler par la magie d’un champ et d’un contre-champs que 2 personnages dialoguent ensemble alors que les acteurs ne se sont peut-être jamais retrouvés ensemble dans la même pièce au même moment…
Manipulations et mensonges, distorsion de la réalité, mélange des genres… derrière ses apparats de film de science fiction de luxe, Inception n’est en fait qu’un vulgaire film de braquage à la Ocean Eleven à la différence que l’équipe de Cobb ne vole rien, et ne fait qu’implanter une idée.
Par son coté brillamment roublard, Inception m’a rappelé The Usual Suspect : à la fin du film du film, vous avez beau tenté de chercher les incohérences, ça ne sert à rien, car comme l’inspecteur qui interroge son témoin vous vous êtes fait mener en bateau durant 2 heures par un beau salopard qui vous a fait croire que la pipe était réelle.